Dans un langage un peu vieilli, on donne le nom de « moyens de grâce » à la prière, l’étude biblique, la communion avec les frères et la participation à la Cène (Actes 2.42). Certes, il ne paraît guère original de rappeler la valeur de ces disciplines pour notre vie. Mais l’originalité n’est pas toujours (peut-être même rarement) signe de qualité. Nous avons autant, voire sans doute plus, besoin que les générations précédentes de pratiquer ces moyens de grâce pour nous imprégner des valeurs de l’Evangile, alors que nous vivons dans un monde qui prêche avec insistance les valeurs de la réussite économique de l’épanouissement personnel et du libertinage.
Oserais-je nous inciter à une dose de « légalisme » quant
à ces disciplines ? Je suis frappée par la répugnance que provoque pour beaucoup le souvenir de la rigidité avec laquelle certains de nos aïeux respectaient le culte personnel et familial
quotidien. Nous sommes fiers de nous être libérés de l’esprit légaliste – mais cet état d’esprit est-il vraiment un danger qui se compare à la perte de la lecture biblique régulière que l’on doit
aujourd’hui déplorer jusque dans nos milieux les plus fidèles à l’Ecriture ?

De même, le chrétien protestant célèbre (avec raison) le fait qu’il ne gagne pas son salut par l’observance de rites ; mais est-ce une raison pour être moins assidu dans la fréquentation de
la communauté des croyants ? Nous avons appris l’importance, pour notre santé physique, de nos repas réguliers et de pratique du sport. Il nous faut aussi surveiller notre hygiène de vie
spirituelle ; la vieille sagesse de nos moyens de grâce nous y apporte un guide précieux.






